Mediapart Tribune : En finir avec l’impunité pour éviter un nouveau nettoyage ethnique en Centrafrique

 

Note : Cette tribune a été initialement publiée par Mediapart et a été écrite par la chercheuse et analyste de l'Enough Project, Nathalia Dukhan.

En choisissant d’imposer des sanctions ciblées à l’encontre de deux commandants de milices armées, Abdoulaye Hissène et Maxime Mokom, les Etats Unis redonnent une lueur d’espoir dans la lutte contre l’impunité en République Centrafricaine.

Les deux hommes sont accusés de faire partie d’une alliance concertée entre deux factions armées (l’une issue de la coalition Séléka et l’autre du mouvement Anti-balaka), et sont soupçonnés de coordonner des actes de violence, de déstabilisation et de tentatives de coups d’état. Alors que le conflit s’étend, s’intensifie et « s’enferme dans une spirale de violence jamais vue depuis le point culminant du conflit en 2014 » selon l’ONG Médecin Sans Frontières, ces sanctions arrivent à un moment opportun. Néanmoins, leur caractère unilatéral révèle des dissensions au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Pour contribuer à mettre fin aux vagues de violences meurtrières, le Conseil de Sécurité, la France et l’Union Européenne devraient renforcer leurs efforts de lutte contre l’impunité et adopter des sanctions similaires.

Plus de quatre années ont passé depuis le déclenchement des hostilités et la Centrafrique sombre inexorablement dans un état de guerre permanent. Le séquençage de départ souhaité par la communauté internationale ‘accord de paix – désarmement – élection’ a non seulement déraillé mais n’a certainement pas permis une sortie de crise durable. La situation sécuritaire est aujourd’hui au bord de l’implosion et l’impunité est toujours aussi endémique. En 2016, la Centrafrique est classée à la 188ème et dernière position de l’Indice de Développement Humain. Et alors que la misère humaine est à son paroxysme et que les violences à caractère ethnique atteignent des proportions alarmantes, le business des chefs militaro-politiques est quant à lui florissant et hypothèque l’idée qu’un avenir meilleur est encore possible...

Cliquez-ici pour lire la Tribune publiée par Mediapart.

Photo: Un homme musulman dans le camp de réfugié de Timangolo, à l'est du Cameroun.

 


 

Ending Impunity to Prevent the Renewed Threat of Ethnic Cleansing in the Central African Republic

Note: This op-ed originally appeared in French in Mediapart and was written by Enough Project Researcher, Nathalia Dukhan.

This month, the United States imposed targeted sanctions against two militia commanders in the Central African Republic (CAR), Abdoulaye Hissène and Maxime Mokom, providing a glimmer of hope for the fight against impunity in the country. The two men are accused of being part of an alliance between two armed factions (one faction from the ex-Séléka coalition and the other from the Anti-Balaka movement), and are suspected of coordinating acts of violence, and attempting coups d'état. The sanctions come at an appropriate time as the conflict in CAR continues to spread and intensify and the country “gets locked in a spiral of violence not seen since the worst moment of the 2014 crisis”.

The unilateral nature of United States’ decision, however, reveals dissent among members of the U.N. Security Council. To help end cycles of deadly violence in CAR, the Security Council, the European Union, and in particular France, must continue to strengthen their efforts to combat impunity and implement similar sanctions.

More than four years since the CAR crisis broke out, the country appears to be inexorably sinking into a state of permanent war. The sequence of events initially desired by the international community – Peace Agreement–Disarmament–Elections -- has not only derailed but has failed in building a lasting solution to the crisis. The security situation is now on the brink of implosion and impunity is endemic. In 2016, CAR was ranked 188th, in last position,  on the Human Development Index. And while human misery is at its peak and sectarian violence is at an alarming level, the alliance between militia and political leaders is flourishing and undermining hope that a better future is still possible... 

Click here to read the English translation of the op-ed.

Photo: A Muslim man from CAR in a refugee camp in Timangolo, eastern Cameroon.